La commune de Bercham-Sainte-Agathe exportée en Chine? Retrouvez sur cette vidéo les différentes étapes du projet et sa conclusion. Ne manquez pas :
à 17:17 --> l'imaginaire, un outil pour faire bouger la vie de la cité
à 20:50 --> extraits de la conférence finale dévoilant le projet aux habitants
à 24:00 --> extraits du poème à plusieurs voix interprété par les PIM's
(texte Geneviève Genicot avec la complicité de Amaryllis Ghislain et François Durant)
Un projet Arts Nomades (Lessines, Belgique) Avec les PIM's et les participants aux ateliers Dramaturgie Geneviève Genicot Un film de Anne-Sophie Guillaume et Tamara Pierno
A l'occasion du drink de fin de conférence pour le
projet "Rumeur à Berchem" (voir les autres posts), Geneviève Genicot a créé un poème
à plusieurs voix à partir de la matière récoltée durant les 3 mois de
projet. Cliquez sur la vidéo en fin de post pour le réécouter!
De façon malicieuse et décalée, ce texte rappelle le projet : répandre dans la commune la rumeur que Berchem (et ses habitants) allaient être transplantés dans un parc d'attraction
en Chine!
Il s'agissait par cette étrange fiction de
questionner le vivre-ensemble et les projets communs, dans le cadre
de la Semaine européenne de la démocratie locale et plus généralement
en lien avec les pratiques de démocratie participative.
Les comédiens du collectif Poetry in motion ont
interprété le poème dans la salle du drink, dispersé au milieu des habitants
venus assister à la conférence qui dévoilait la supercherie pour lancer le
débat...
De septembre à novembre, Geneviève Genicot a participé, au niveau de l'écriture et de la dramaturgie, à cet ambitieux projet poétique de la compagnie belge Arts Nomades, qui s'est clôturé le 16 novembre par une conférence dévoilant le "pot aux roses"!
Il s'agissait en effet de transformer la réalité quotidienne d'une commune de Bruxelles en y développant une rumeur farfelue par des actions poétiques... Histoire de rappeler que la réalité est à tout le monde, et que les idées les plus improbables peuvent se réaliser parfois très simplement - il suffit de le décider... La poésie a cette vertu de faire trembler la réalité et de nous rappeler que nous sommes libres de la modeler par notre imaginaire...
La rumeur : un milliardaire chinois voudrait exporter des bâtiments de la ville dans un parc d'attraction asiatique... peut-être même des habitants... pour faire "couleur locale"... Les actions poétiques : mesurer les bâtiments et les places publiques, sonder les habitants sur leurs motifs de quitter le pays, emballer et étiqueter le mobilier urbain, organiser de vraies-fausses manifestations "pour" et "contre" le projet, présenter la collection merchandising du futur parc d'attractions (porte-clef, pins, sous-vêtements aux couleurs du parc), exposer des "embocalements" de la commune illustrant de fausses légendes sur son histoire, destinées à un "musée anthropologique" dans le parc d'attraction, créer le site Internet d'une obscure fondation responsable du projet : l'AFECR (autrement dit l'anagramme du mot FARCE)...
Il a fallu créer la rumeur, la diffuser, recadrer les actions en fonction des effets produits... Nous avons aussi intégré dans les projet des habitants qui ont pu se familiariser avec nos outils de création poétique au cours d'ateliers d'écriture et de théâtre, de stages d'arts plastiques, de happenings dans les rues de la ville...
Quelques vidéos...
Vrai-faux reportage pour répandre la rumeur :
Manifestation et contre-manifestation liées au projet :
Intox! Personne n’y a cru? Mais si… Il fait
tellement bon vivre à Berchem qu’un milliardaire chinois pourrait bien
avoir eu l’idée de reconstruire la commune à l’identique dans un parc de
loisirs. A Qingdong. Un projet soutenu par l’Afecr: Asian Foundation
for the European Cultural Reinforcement.
Ce fut une belle mystification. Poétique souvent, amusante, et
suffisamment crédible pour que ceux qui ont appris le projet du «BSA
ParcExpo» se sentent fiers d’être de ces Berchémois exemplaires
jusqu’aux antipodes… La compagnie Art Nomades, «théâtre forain et arts
plastiques en itinérances», en collaboration avec la commune, a
construit minutieusement la rumeur, et l’a lancée, sur les marchés, les
places, lors de rencontres. En mesurant les trottoirs et même la rosace
de l’église, en emballant du mobilier urbain. Un uniforme d’ouvrier
communal et du matériel d’école gardienne, une étiquette et un sigle
sérieusement farfelus ( Afecr = Farce), un vrai site internet, une
opposante manifestant clairement son opposition au projet, une pseudo
caméra de télé: l’apparence a suffi pour installer un rêve. Ceci n’est pas une caméra cachée
Finalement, une rumeur, c’est facile: des faits concrets – Hallstatt en
Autriche et la puissance financière de la Chine -, mélangés à quelques
préjugés: l’économie de la contrefaçon, l’appétit pour l’Occident. Le
tout porté par le téléphone arabe, la multiplication des sources
d’information comme les réseaux sociaux, et la crédibilité de ceux qui
en parlent… Ça fonctionne.
Depuis septembre, la rumeur se monte, avec quelques habitants complices:
paroles, écritures, ateliers («Il est 19h30, docteur Schweitzer»),
maquettes, etc. Objectif: inviter les Berchémois à s’interroger sur ce
qu’on leur raconte, lors des élections par exemple, dans le cadre de la
Semaine européenne de la Démocratie locale. Gentiment: pas question de
semer stress ou zizanie, mais au contraire positionner Berchem comme
l’exemple d’un certain art de vie, qu’on envie jusqu’en Chine. Au fil
des jours, les Berchémois ont participé à la rumeur. Sans le savoir. Ni
s’interroger sur la réalité du projet chinois. Si certains posent des
questions, ce sera généralement sur les développements du projet,
l’impact de la reconstruction, voire même une nouvelle émigration. Mais
personne n’évente le canular, ne met les infos en doute…
L’art du théâtre invisible
Geneviève, Andréas, Frédérique, Valeria, Daniel, Marguerite, Charlotte
(l’opposante!), France, Marie en sont spécialistes. Ils se fondent dans
le décor, s’installent dans les habitudes d’une rue pour en tordre
légèrement la réalité, la faire insensiblement basculer vers «autre
chose», dans un décalage léger. De quoi susciter des réactions: «Cela
permet de faire prendre conscience aux gens qu’ils ont des choses à
dire, leur donner l’envie de parler, puisque l’espace public devrait
être un espace de parole. Rappeler le droit de s’exprimer comme citoyen
même si on est le seul de son opinion. Parce que finalement, les
citoyens peuvent avoir de l’emprise sur pas mal de choses, s’ils
prennent la parole. Mais ils ne s’en rendent peut-être pas compte».
Et parce que l’histoire est celle que l’on fait, et refait. Le Théâtre
Nomade l’a même mise en bocaux: la petite et la grande histoires de
Berchem, comme on ne les a jamais vues. Forcément: réalistes et
surréalistes à la fois.
Anne GILAIN
Infos?
Maison de la Participation et de la Citoyenneté :
1228 chaussée de Gand –
T. 02/463.03.30 -www.berchem.net -
Pour tout revivre :
le site de l'AFECR :
http://afecr.overblog.com.
> Liens vers les articles dans les quotidiens nationaux belges :